Aujourd’hui j’ai reçu un homme qui ne va pas bien. Il me parle du métro, de l’open-space, du bullshit job qui va avec, des centres commerciaux, des notifications pro qui le poursuivent jusque chez lui. Il a à peine le temps pour ses gosses. Sa femme menace de faire une pause; ça fait des mois qu’ils n’ont pas trouvé un moment ensemble. Il décrit, avec une précision chirurgicale, l’enfer ordinaire d’une société de consommation qui a réussi à faire passer l’épuisement pour une anomalie. C’est son N+1 qui l’a orienté ici. Il lui a dit d’éviter les RH, un comble pour celui qui a constaté des baisses de performance et des retards fréquents.
Et moi, je sais que je vais devoir écrire qu’il est malade. Lui. Pas le système qui l’emploie.
En même temps, c’est vrai que ça le met à mal.
Ça me permettra de le mettre en arrêt. C’est peut-être pas si mal, pour aujourd’hui…


On découvre toujours trop tard le sens du mot burn-out.